La lumière de montagne possède une beauté presque trompeuse. Elle paraît pure, nette, vivifiante, et le froid donne souvent l'impression que le soleil y est moins fort. Pourtant, à la montagne, l'exposition solaire n'est pas une exposition ordinaire. C'est une exposition amplifiée, qui réclame une stratégie de protection spécifique.
La première raison est l'altitude. Les UVB augmentent d'environ 4 % tous les 300 mètres. À mesure que l'on monte, la peau reçoit donc une dose de rayonnement plus agressive qu'au niveau de la mer. Comme l'air paraît frais, agréable et non accablant, beaucoup de personnes restent exposées plus longtemps qu'elles ne le feraient en été sur la plage.
La deuxième raison est la réverbération. La neige réfléchit très fortement le rayonnement solaire, avec un taux de réflexion de l'ordre de 85 %. La peau n'est donc pas seulement attaquée par la lumière venant d'en haut, mais aussi par celle qui remonte du sol et par le rayonnement diffus dans l'atmosphère. Le visage, les lèvres, le contour des yeux, le nez et les pommettes se retrouvent ainsi soumis à une exposition beaucoup plus complexe.
La troisième raison tient au faux sentiment de sécurité apporté par le froid. Température et rayonnement ne se confondent pas. Une journée glaciale en altitude peut être bien plus agressive pour la peau qu'une journée plus chaude ailleurs. C'est pour cela que l'exposition en montagne entraîne si souvent non seulement des coups de soleil, mais aussi de la déshydratation, des tiraillements, des lèvres gercées, une texture cutanée rugueuse et parfois un vieillissement accéléré.
Une bonne routine solaire de montagne commence généralement par un niveau de protection élevé, voire très élevé, selon le phototype, la durée d'exposition et le contexte. Elle suppose également une attention particulière aux zones les plus vulnérables : lèvres, contour de l'œil, pommettes, arête du nez. Des lunettes réellement filtrantes sont tout aussi essentielles, car l'œil reçoit le rayonnement direct, le rayonnement réfléchi et le rayonnement diffusé dans l'air ambiant.
La montagne impose aussi un réflexe d'après-exposition. Après une journée dehors, la peau doit être apaisée, réhydratée et restaurée. Si cette étape est négligée, le cycle de dessèchement et d'irritation s'accélère, et l'épiderme devient encore plus vulnérable le lendemain. C'est pourquoi une vraie routine de montagne ne peut jamais se limiter à un seul produit de journée.